Bienvenus au blog de la fertilité

Bonjour à tous et à toutes, je vous présente un espace que nous avons créé pour vous raconter nos expériences quotidiennes au sein d’une Clinique de Stérilité et pour vous proposer des sujets à débat. Nous souhaitons que vous participiez autant que possible car votre opinion et vos commentaires nous intéressent.

Le “Secret Story embryonnaire”

Cette semaine aura lieu le Congrès National de la Stérilité, et l’une des contributions présentées par l’Institut Marquès fait le point sur ce que nous sommes en train d’apprendre des embryons grâce à l’Embryoscope.

Dans notre centre, tous les matins, quand les biologistes arrivent au laboratoire de Fécondation in Vitro, ils hallucinent avec les vidéos du développement de chaque embryon.

Ces images sont tellement touchantes qu’il y a quelque temps, nous nous sommes proposés de les montrer aussi aux patients, afin qu’ils pourraient également s’émouvoir avec elles. Ça me faisait mal de laisser perdre quelque chose de si beau, donc on a commencé à concevoir un système pour y remédier.

Après beaucoup de travail, cette semaine, nous lançons ce nouveau système: l’ensemble de nos patients peuvent accéder depuis la maison à des images de leurs embryons, pour voir, à chaque moment, où ils sont, ainsi qu’observer leur développement depuis la fécondation. C’est comme un “Secret Story embryonnaire”… Regardez la vidéo, car il vaut la peine.

Se reposer après le transfert embryonnaire

Cette semaine nous présentons une étude magnifique à Londres qui nous montre qu’est-ce qu’il se passe lorsque les embryons arrivent à l’utérus, tant de manière naturelle à travers d’une trompe, comme après une fécondation in vitro à travers du col utérin.

L’endomètre (revêtement de l’utérus) bouge et dans la phase d’arrivée de l’embryon sa fonction est, probablement, de le garder au sein de la cavité utérine, tout en empêchant l’expulsion et l’implantation dans des lieux inappropriés.

À travers de ce vidéo d’un transfert d’embryons, on peut voir comment la microgoutte les transporte d’un côté à l’autre, avec des mouvements différents: ondulants, vibratoires, lents, rapides et avec des phases de repos.

Après le transfert d’embryons, de nombreuses patientes se sentent coupables de ne pas faire assez de repos, surtout si le cycle échoue.

Nous disons à nos patientes qu’ells n’ont pas besoin de se reposer après le transfert d’embryons ou même pas dans les jours suivants, mais elles sont surprises de cette information et elles ne nous prêtent pas beaucoup d’attention.

Elles craignent que, si elles se lèvent ou si elles font quelques efforts, comme aller à la toilette, les embryons “tomberont”; elles pensent qu’il faut faire attention afin de les garder dans l’utérus.

Cela crée de l’anxiété et s’ajoute au stress de ne pas être en mesure de faire tout le repos qu’elles aimeraient; en plus, celà arrive dans la phase du cycle de plus nervosité et labilité émotionnelle, puisqu’elles doivent attendre le test de grossesse.

C’est une attente pleine de désir et d’espoir que les embryons s’implantent, pleine de peur de l’échec et d’émotions.

Ces résultats minimisent l’importance du repos, ainsi qu’ils soutiennent la mobilisation précoce des patientes après le transfert d’embryons. Je pense qu’il sera d’une grande aide de savoir que l’implantation ne dépend de rien que tu puisses faire ou pas, et, qu’une fois les embryons sont arrivés à l’utérus, notre endomètre s’en charge du reste.

Il semblerait qu’il les berce afin qu’ils s’implantent dans un lieu adéquat!

Fécondation in Vitro et jumeaux

Aujourd’hui je veux partager avec vous les résultats d’une enquête que nous avons mené parmi nos patients.

Nous avons demandé à près d’un millier de patients de 31 pays différents, sans enfants et avec des problèmes de fertilité, s’ils préféreraient avoir des jumeaux, un fils unique ou s’ils accepteraient aussi bien une option que l’autre.

Les résultats indiquent que la plupart des patients préfèrent avoir des jumeaux, 70% préfèrent ou acceptent une grossesse gémellaire, et seulement 30% préfèrent avoir une grossesse unique.

Nous, les spécialistes de l’infertilité, ne sommes pas surpris des résultats de cette enquête. Chaque jour, nous vivons ce conflit entre ce que les patients veulent et ce que nous conseillons en tant que médecins, car il est difficile d’expliquer les risques de la grossesse gémellaire aux femmes qui craignent qu’elles ne pourront jamais être mères. Lors que nous discutons sur la possibilité d’avoir des jumeaux, elles imaginent qu’elles seraient doublement  heureuses et qu’elles auraient déjà complété leur famille.

Il est difficile de savoir combien d’embryons devraient être transférés pour réussir et au même temps réduire au minimum la grossesse gémellaire.

Afin qu’un embryon s’implante suite à la fécondation in vitro  et qu’il donne lieu à une grossesse évolutive, les suivants éléments sont nécessaires: que l’utérus soit prêt à l’accueillir, que l’embryon ait une morphologie adaptée (nombre de cellules, aspect de celles-ci, etc.), une dotation chromosomique normale, une énergie puissante (elle est fournie par les mitochondries et devient moins intense avec le vieillissement des ovaires), que l’embryon et l’endomètre soient d’accord pour l’implantation et qu’il n’y ait pas de rejet immunitaire. Pour nous qui y consacrons nos vies professionnelles, chaque enfant est un miracle!

Selon des études réalisées dans notre centre, dans le meilleur des cas, c’est à dire les embryons provenant de donneurs d’ovocytes et de sperme, 50% des embryons présentent des anomalies chromosomiques  et ce pourcentage augmente avec l’âge de la femme: 85% des embryons des femmes de 40 ans sont altérés.

Pour cette raison, la principale stratégie pour réduire le risque de grossesse multiple sans réduire les taux de grossesse serait analyser les chromosomes de l’embryon  afin de transférer seulement ceux ayant la possibilité d’évoluer.

Mais si lors de l’échographie ou de la naissance nous voyons deux petits bébés, dans la plupart des cas nous partageons cette grande émotion et fierté de tout cœur avec nos patients.

Coks Feenstra , experte en gémellité, après s’être entretenue avec des dizaines de jumeaux adultes, dit: «être un jumeau entraîne le double des joies et la moitié des  peines».

Ça fait 12 ans nous avons eu un cas exceptionnel, qui n’a pas entraîné le double, mais le triple des joies: la naissance des triplés identiques.

Embryoscope: le film du début de la vie

Embryoscope est un nouvel incubateur pour nos petits embryons qui intègre une caméra vidéo qui filme son développement.

Au niveau médical, ceci nous offre deux progrès:

-D’une part, il ne faut pas les sortir pour voir sous le microscope comme ils sont. Cela permettra d’éviter les changements de température, lumière, etc.; dans le post  ci-dessus on discute de l’importance de maintenir constamment l’environnement de l’embryon.

D’autre part, il nous permet de voir comment ils ont fécondé et divisé et donc choisir de transférer à la patiente ceux-ci  qui, selon notre critère,  ont suivi les directives qui permettront le meilleur pronostic d’implantation. Avec des incubateurs normales, nous les voyons juste un instant chaque jour et nous avons donc moins d’information.

Mais l’Embryoscope nous permet également d’apprendre, nous sommes en train de découvrir beaucoup de choses sur le développement embryonnaire!

Dans notre centre chaque embryon est mis une note chaque jour; comme  à l’école, le 10 est le maximum. Les critères se basent principalement sur le fait que le nombre de cellules soit l’approprié pour ce jour du développement, que les cellules  se ressemblent beaucoup les unes aux autres, qu’elles ne montrent pas de fragments (des impuretés de leurs processus de division) et que chaque cellule possède un seul noyau.

Par exemple, un embryon qui est divisé en quatre cellules 40 heures après la Fécondation In Vitro aura la meilleure note en ce qui regarde la division cellulaire, mais grâce au vidéo de l’embryoscope, on verra qu’un certain temps après le test, tout d’un coup, une cellule se fusionne avec une autre, elle l’ absorbe! et il reste en trois cellules. Au moment de l’examen le lendemain, si vous n’avez pas remarqué ça, il pourrait avoir à nouveau huit cellules, être noté excellent et être choisi comme un des meilleurs dans le groupe pour être transféré.

Ceci est juste un des nombreux exemples que je peux vous donner, mais nous savons que les embryons qui ne suivent pas les directives appropriées sont moins susceptibles de se développer parce qu’ils sont associés à des anomalies dans leurs chromosomes et probablement à d’autres négatifs qui nous ne savons toujours pas, mais nous essayons de découvrir.

Vous savez déjà qu’il est incroyable qu’il n’existent pas deux personnes physiquement pareils, sauf pour les jumeaux identiques (se produisent parce que qu’un embryon se divise)

Mais… Saviez-vous qu’il n’y a pas deux embryons pareils non plus? Qu’à partir du moment de la fécondation nous avons tous nos caractéristiques uniques qui ont fait de nous des êtres uniques depuis cet instant?

Chaque embryon, chaque fœtus, chaque enfant, chaque personne est un miracle unique de la nature.

Le nombre de combinaisons génétiques possibles est infini et la probabilité de répétition est pratiquement impossible. Le génome humain contient 3.200 millions de nucléotides, des unités qui forment l’ADN et qui se combinnent différemment dans chaque personne.

Dans cette vidéo de l’Embryoscope vous pourrez observer le développement d’un embryon humain de la fécondation de l’ovocyte jusqu’à cinq jours après.

Quelques heures après le prélèvement d’ovocytes, l’ICSI est réalisée, à savoir, l’injection d’un spermatozoïde dans chaque ovule.

Les images de la Embryoscope commencent à être prises immédiatement après la fécondation in vitro.

Le coin inférieur droit de l’image que nous voyons montre le compteur de temps depuis ce moment-là.

Dans cette autre vidéo de l’ Embryoscope les images correspondent à un embryon de souris, nous les achetons  congelés récemment fécondés, pour les contrôles de qualité  du Laboratoire et pour la recherche.

Le laboratoire de fécondation in vitro est un utérus géant

Aujourd’hui, je tiens à vous montrer notre laboratoire de FIV, à vous apprendre comment on réussi à construire un utérus géant et comment il faut faire pour y travailler dedans.

Imaginez un utérus de l’intérieur…

Combien de lumière a-t-il? Eh bien il n’y a presque pas de lumière, le laboratoire est donc dans le noir.

À quoi sent-il? Il n’y a pas d’odeurs. Le contrôle de l’environnement implique que les biologistes n’utilisent pas de cosmétiques ni d’eau de toilette. Heureusement, ils peuvent utiliser un déodorant sans alcool ni parfum.

Quelle température fait-il? Il fait 37 degrés Celsius. Il y a un système de contrôle constant de la température des incubateurs comprenant, par exemple, les plaques de culture contenant les embryons, qui sont appuyées sur des surfaces chauffées.

Qu’est-ce qu’il y a à l’intérieur de l’utérus? La couche interne s’appelle endomètre. Celui-ci change tout au long du cycle menstruel et prépare sa surface tout en produisant des sécrétions, afin qu‘un embryon puisse y nicher. L’endomètre est stimulé actuellement d’une façon excellente avec les milieux de culture, qui contiennent les substances produites par l’endomètre. Chaque jour il faut les placer dans des cultures différentes, car leurs besoins varient.

Qu’est-ce qu’il n’y a pas dans l’utérus? Il n’y a aucune contamination d’aucune sorte. Ceci nous donne beaucoup de travail!

Le fait d’avoir une atmosphère stérile demande beaucoup de technologie et d’efforts. Il faut éviter que des germes contaminants puissent pénétrer, ainsi que nos «ennemis spéciaux »: les composés organiques volatils. Il s’agit de produits chimiques qui se dégagent de peintures, solvants, laques, cosmétiques, etc. Ils demeurent dans l’atmosphère sous forme de vapeur et ont une affinité pour se déposer sur des milieux gras. Les milieux de culture contiennent des huiles et ces composés sont embryotoxiques.

Pour entrer il faut mettre un uniforme propre à chaque fois (avec bonnet et chaussures), enlever toute sorte d’accessoires, comme les montres par exemple, et ne pas être maquillée.

Lorsque l’on ouvre la porte, on est surpris par la pression positive, on sent un peu du vent de face, qui sert à éviter que l’air de l’extérieur puisse pénétrer.

Le sol a un revêtement capable de décharger l’électricité statique. Dans la première section, les pieds restent collés au sol parce qu’il y a des tapis adhérents de particules.

Le plafond contient des filtres absolus de charbon actif pour maintenir la pureté de l’air.

Les cabines de travail ont une concentration de CO2 et d’humidité d’avantage plus élevée que d’habitude, l’environnement préféré par les embryons. Leurs tables sont hydrauliques, afin de ne pas transmettre des vibrations aux embryons pendant qu’on travaille.

Ah! Les téléphones portables ne sonnent pas dans l’utérus, donc dans le laboratoire nous n’avons pas de téléphones portables pour éviter des possibles dommages provoqués par la radiofréquence.

Vous voyez bien, ici nous traitons nos embryons comme des marquis.

Des substances toxiques dans le lait maternel

Aujourd’hui est une journée très spéciale pour moi au niveau professionnel!

Ce matin, je présenterai en conférence de presse les résultats d’une étude qui vient d’être publiée dans International Journal of Andrology.

Nous avons analysé et comparé la concentration de 38 substances toxiques dans le lait maternel des femmes en Catalogne et en Galice. Le but est de démontrer que la grande différence observée dans la qualité du sperme entre ces deux zones géographiques est due au niveau de pollution.

Ces substances toxiques sont appelées perturbateurs endocriniens, une longue liste de composés chimique qui agissent en tant qu’œstrogènes dans l’organisme des femmes.

Ces substances s’accumulent dans la graisse et nous les avons étudiées dans le lait maternel, car ceci est techniquement plus facile et également parce que leurs concentrations dans le lait sont un reflet de celles qui ont atteint l’embryon par l’intermédiaire du placenta de la mère.

Nous avons également publié il y a quelques mois, dans la revue Environment International Journal une étude sur la présence de substances toxiques dans trois marques de lait commercial et deux marques de céréales.

Cette tâche a été vraiment difficile, non pas à cause de problèmes techniques, mais à cause de l’éventuelle répercussion sociale. J’ai eu une coopération totale, professionnelle et honnête de la part des chercheurs du CSIC, Damià Barceló et Marinela Farré, du Prof. Juan Alvarez, du Dr. Ferran García et du Dr. Temprano (La Corogne). J’aimerai aussi exprimer ma gratitude envers International Journal of Andrology.

Il a été difficile et étonnant de voir la quantité d’institutions lâches, qui préfèrent éviter d’éventuelles alarmes sociales ou répercussions économiques plutôt qu’informer de la vérité.

Voici un lien au texte qui correspond au communiqué de presse: “la mauvaise qualité du sperme est liée à la transmission de substances toxiques pendant la grossesse.”

Pourquoi la fertilité masculine est-elle en train de diminuer?

Pour des raisons évidentes, en tant que femmes nous sommes attirées par les spermatozoïdes. Dans mon cas cependant, puisque je travaille dans le domaine de la stérilité, il s’agit d’une curiosité absolument saine.

C’est bien pour cela qu’il ya 10 ans j’ai encouragé mon équipe à la recherche des causes de la stérilité masculine.

L’année 2003, Institut Marquès a commencé à étudier la qualité séminale des hommes espagnols. Ceci a été réalisé d’abord à Tarragone (étude présentée au congrès de la Société Espagnole de Fertilité en 2002), plus tard à Barcelone et à A Coruña (étude publiée dans Reproductive Biomedicine ) et puis finalement sur tout l’état espagnol (Ière Étude Nationale du Sperme sur des Jeunes publiée dans Andrología et effectuée en collaboration avec 62 centres de PMA).

Nous sommes satisfaits car nous avons contribué à convaincre la communauté scientifique que les causes traditionnellement attribuées à la stérilité masculine (stress, pantalons serrés, alcool, etc.) sont un mythe et que la réalité du problème réside dans les toxiques chimiques. La contamination industrielle y joue un rôle clef.

Les toxiques auxquels nous faisons référence sont des substances chimiques synthétisées par l’homme ces dernières décennies et d’utilisation habituelle dans les secteurs industriel et agricole, et au foyer. Ils sont appelés perturbateurs endocriniens, une longue liste de composants qui se comportent en tant qu’œstrogènes dans l’organisme de la femme.

Très résistants à la biodégradation, on les retrouve dans notre alimentation et dans l’environnement. Ils s’accumulent dans l’organisme, en particulier dans la graisse, et aussi bien les hommes que les animaux ne sont pas conçus pour les éliminer.

Ces toxiques chimiques entrent en contact avec l’homme dès les premiers jours de vie: ils arrivent à l’embryon depuis le sang maternel à travers le placenta. Le type de toxiques et la quantité de ceux-ci dépendra des niveaux de toxiques dans l’organisme de la mère.

Actuellement on entend beaucoup parler de l’alimentation des femmes enceinte; mais en ce qui concerne ces substances, il ne s’agit pas de ce que la femme mange pendant la grossesse, mais de tout ce qui l’a entouré depuis son enfance, depuis sa vie intra-utérine.

Ils pénètrent dans notre organisme et ils agissent comme des œstrogènes, c’est-à-dire comme des hormones féminines. Durant le développement du testicule fœtal, aux 2 ou 3 mois de grossesse, l’action de la testostérone, l’hormone masculine, est très importante. Eh bien, ces faux œstrogènes entrent en compétition avec cette hormone et ne lui permettent pas d’exercer correctement sa fonction: un nombre inférieur de cellules productrices de spermatozoïdes est formé et, dans les cas les plus sévères, des altérations chromosomiques sont produites dans les spermatozoïdes.

Cette aggravation de la qualité du sperme se produit dans les zones industrialisées et dans les zones rurales en contact avec des pesticides. Il y a donc d’importantes variations géographiques. Selon nos données, l’éjaculat d’un galicien contient presque le double de spermatozoïdes que celui d’un catalan.

De plus, dans les zones avec une contamination plus élevée, cette situation est plus grave chez les jeunes que chez les hommes plus âgés, car ceux-ci n’ont pas été en contact avec les toxiques pendant leur enfance puisqu’ils n’existaient pas encore.

Ceci cause la sous-fertilité généralisée parmi la population adulte. Ces hommes ne seront pas forcément stériles, mais ils tarderont certainement d’avantage que d’autres hommes à obtenir une grossesse, compte tenu également de l’âge et la fertilité de sa compagne.

Individuellement, ces toxiques causent stérilité ou avortements à répétition.

Selon les données officielles, en Espagne la première cause de stérilité est le facteur masculin, même si nous sommes le pays ayant des enfants à un âge plus avancé.

Nous avons obtenu de très importants progrès sur plusieurs aspects de notre santé; mais en ce qui concerne la santé reproductive, celle-ci s’est réduite à moins de la moitié par rapport à la génération de nos grands-parents dans les zones industrialisées.

Actuellement, de plus en plus d’experts se joignent à la dénonciation des effets des substances chimiques sur la santé reproductive et générale des citoyens.

Pourquoi notre esprit nous permet seulement de voir la réalité que nous connaissons déjà?

Avant de lire ce texte, s’il vous plaît, regardez la vidéo et essayez de compter combien de fois les joueurs habillés en blanc se passent la balle entre eux. Après, regardez seulement la dernière phrase de ce texte et vous pourrez ensuite lire le reste.

Les yeux saisissent les images, mais ce que le cerveau voit est conditionné par ce que l’on connait déjà et ce à quoi on s’attend. L’esprit compare ce qu’il voit avec ce qu’il sait. Cela explique pourquoi nous voyons les voitures des auto-écoles que lorsque nous sommes en train de passer le permis de conduire.

L’autre jour, lorsque je traversais notre salle d’attente vers le vestiaire pour retourner chez moi, j’ai été frappée par une image: j’ai cru voir un homme sans jambes ni bras, avec des petites chaussures vertes collées à ses aines. Ceci ne me semblait pas possible, et j’ai pensé que j’avais peut-être travaillé trop d’heures et que, de toute façon, si c’était bien vrai, quelqu’un me l’aurait communiqué.

Ensuite, je suis revenue et il était bien là: c’était un couple qui venait de l’étranger pour un don d’ovules. Le problème était chez elle, lui il avait juste besoin d’un peu d’aide pour obtenir un échantillon de sperme avec lequel effectuer la Fécondation in Vitro.

Deux jours plus tard, une situation similaire a eu lieu: j’ai cru voir un jeune homme avec un aspect physique décharné. Quand je suis repassée devant la salle d’attente il y avait un jeune homme de vingt ans avec le visage plein d’hématomes récents et des vêtements ensanglantés. C’était le copain d’une fille qui était venue donner ses ovocytes. Quand j’ai essayé de le soigner il m’a dit qu’il avait eu un accident en moto, mais que s’il ne venait pas chercher son amie elle serait “vénère”.

Il m’a semblé impossible que tout le personnel sanitaire ayant traversé cette salle n’avait pas vu cette situation ni d’autres semblables, et j’ai commencé à faire des tests pour voir jusqu’où cet aveuglement collectif pouvait arriver. Voici le premier: un patient étranger était couché sur un des canapés de la salle d’attente, endormi après son arrivée d’un long voyage. Eh bien, je me suis donc allongée sur le canapé situé juste devant dans la même position, habillée avec mon pyjama blanc.

Le test suivant a consisté à m’allonger par terre, au milieu de la salle d’attente, et commencer à jouer avec une fille qui a accompagnait ses parents. On a fait des châteaux imposants avec des jouets. Dans les deux cas, personne ne m’a vu, ils m’ont cherché tout autour de la clinique et en fait j’étais devant eux. Cela peut arriver à tout le monde. En effet, notre esprit conscient ne sélectionne et saisit qu’une partie de ce que nous voyons, c’est pourquoi nous avons chacun notre propre réalité.

Maintenant, met à nouveau la vidéo et regarde les singes qui sortent sur elle.

C’est toujours la faute de la femme

Certainement, dans les deux dernières décennies, les choses ont changé pour le mieux et maintenant nous pouvons discuter au sujet d’un spermogramme sans incidences.

Il y a quatre ans, l’ Ordre des Médecins de Barcelone a appris qu’un patient a tenté de m’agresser, plus précisément, de me jeter par la fenêtre, et comme ils sont très inquiétés par la violence contre les médecins, ils m’ont demandé de porter plainte.

Durant le procès, le patient a dit: «Votre Honneur, ce médecin a voulu me faire une biopsie du testicule.» La réaction de surprise-peur-étonnement du juge et du procureur a été, disons, amusante.

Lorsque les spécialistes en PMA nous demandons à une patiente une biopsie d’endomètre, il est sous-entendu que ce test peut faire partie des études de fertilité. Par contre, lorsque nous demandons une biopsie testiculaire, souvent l’homme demande s’il ne serait pas mieux de “passer directement au don de sperme“.

Le mythe que la fertilité revient aux hommes et la stérilité revient aux femmes est en train de disparaître lentement. Probablement, ce changement se produit au même rythme que le reste de situations quotidiennes que nous femmes vivons dans notre société.

Je fais référence à d’autres commentaires similaires, par exemple quand les belles-mères et ses amies affirment «regardez  comment il porte les cols des chemises depuis qu’il s’est marié», ou «ils n’ont pas encore d’enfants parce qu’elle aime beaucoup sortir, voyager, aller au gym… elle est un peu égoïste» ou «ils n’ont pas encore d’enfants parce qu’elle a attendu trop longtemps et maintenant elle est trop âgée …»

Aussi bien dans le domaine social que dans le domaine de la procréation, les femmes nous n’avons pas encore gagné la présomption d’innocence. Voilà le sujet toujours en suspens: ce n’est pas toujours notre faute, sauf preuve du contraire.

Les bébés viennent sans instructions

En tant que gynécologues et pédiatres, nous sommes surpris de voir que presque tous les couples arrivent à l’accouchement sans avoir changé une seule couche et sans savoir qu’est-ce que c’est que le cordon ombilical.

On se demande: est-ce qu’ils n’ont jamais soigné un bébé, même pas pour un petit moment? Est-ce qu’ils n’ont pas été curieux de connaître son propre nombril? À quoi pensaient-ils pendant ces neuf mois?

De plus, il s’agit souvent de couples qui s’y connaissent sur beaucoup de domaines, qui se préparent soigneusement pour n’importe quelle tâche, qui s’informent du film qu’ils vont regarder avant d’aller au cinéma, qui étudient les guides touristiques avant de faire un voyage… mais ils n’ont aucune idée des nombreux détails liés au bébé qui va changer leur vie beaucoup plus qu’un livre ou un voyage.

Cette situation a bien sûr une explication logique: historiquement, s’occuper d’un enfant était quelque chose que la femme était censée savoir faire. Jusqu’à récemment, elle était responsable de ses petits frères jusqu’à son mariage et, un an plus tard, elle commençait son propre cycle d’accouchements.

Et tout d’un coup, sans génération intermédiaire, on se rend compte que l’instinct de savoir prendre soin d’un enfant n’est pas resté imprégné dans les gènes des femmes de notre espèce et que quelqu’un devra nous apprendre toutes les compétences considérées innées et instinctives.

Dans cette société de l’information, des masters et des cours en ligne, avec la génération de jeunes la plus préparée de l’histoire, où tout est discuté et examiné, il est supposé que les parents soyons, sans nous préparer, des experts en puériculture, que nous sachons comment nourrir le bébé, ou comment réussir à qu’il arrête à pleurer de façon inconsolable.

Le moment le plus intense est le jour de la sortie de l’hôpital après le premier accouchement, tout d’un coup ils se rendent compte qu’ils ne savent pas comment prendre soin du bébé et ils n’osent pas partir. Ils demandent à être informés de tout ça immédiatement! Eh bien, si on le filmait, cela serait digne d’un film de comédie.